×

Souhaitez-vous quitter le site ?

Vous allez quitter le site www.amgen.fr et être redirigé vers un site externe. Amgen France n'est pas responsable du contenu présent sur ce site.

×

Souhaitez-vous quitter le site ?

Vous allez quitter le site www.amgen.fr et être redirigé vers un site externe. Amgen France n'est pas responsable du contenu présent sur ce site.

Les enjeux de la santé de demain. Rencontre avec Corinne Blachier-Poisson.




Corinne Blachier-Poisson est vice-présidente et directrice générale d’Amgen France depuis le 1er janvier 2019. Avant cette nomination, elle a occupé de nombreuses autres fonctions dans le secteur de la santé. Un parcours qui lui permet aujourd’hui d’avoir une vision large sur l’évolution et les enjeux de cet écosystème. Rencontre.

Comment êtes-vous arrivée dans le secteur de la santé ?

CBP : Si cela fait maintenant 30 ans que je travaille dans le milieu de la santé, rien ne m’y prédestinait. Diplômée d’HEC (Ecole des Hautes Etudes Commerciales) et titulaire d’un master d’économie internationale de l’université Paris-Dauphine, j’ai commencé ma carrière dans le secteur de la chimie. 

Quelques années plus tard, une série d’événements inattendus m’ont conduit au secteur de la santé. J’ai découvert un milieu fondamentalement différent qui m’a immédiatement séduite à tel point que je ne l’ai plus jamais quitté. 

Pourquoi le secteur de la santé est-il si différent des autres ?

CBP : La santé est un droit humain fondamental. En ça, il est véritablement unique. De mon point de vue, il s’agit d’un milieu porteur de sens qui évolue en permanence pour répondre à un enjeu majeur : améliorer la prise en charge des patients pour faire reculer les maladies. Marketing/vente, affaires publiques… quel que soit le service où j’ai pu travailler, l’objectif est toujours resté le même. Nous nous devons aujourd’hui de poursuivre les efforts car, malgré tous les progrès de la recherche, il existe toujours des besoins médicaux auxquels il faut apporter une réponse.

Comment le secteur de la santé évolue-t-il pour améliorer la prise en charge des patients ?

CBP : Depuis toujours, le plus gros enjeu est l’innovation. Il faut non seulement pouvoir développer des traitements lorsqu’ils n’existent pas mais aussi envisager de nouvelles voies de traitements pour améliorer les prises en charges actuelles.
Cet enjeu est très bien illustré par le développement des biomédicaments. Ces médicaments à la structure complexe sont exclusivement fabriqués à partir de cellules vivantes. Ils ont notamment permis des progrès non négligeables dans la lutte contre les cancers.

Au cours de votre carrière, vous n’avez pas seulement travaillé dans des laboratoires pharmaceutiques. Vous avez aussi été responsable de l’évaluation médico-économique à l’Afssaps (devenue aujourd’hui l’ANSM, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé). Pouvez-vous nous en dire plus sur les enjeux de l’accès au marché des innovations thérapeutiques ?

CBP : Il faut actuellement compter entre 10 et 15 ans entre la validation d’une hypothèse scientifique et la commercialisation d’un nouveau médicament. Celui-ci fait l’objet d’une multitude de tests avant d’obtenir une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM). La Commission de la Transparence évalue ensuite l’amélioration du service médical rendu par rapport aux thérapeutiques existantes.

Vient enfin l’évaluation médico-économique du médicament qui consiste à comparer son intérêt médical et les coûts qu’il engendre. Cette analyse permet de comparer les choix thérapeutiques et d’éclairer la fixation du prix et du taux de remboursement d’un médicament. Pour nous industriel, une fois le médicament commercialisé et remboursé, l’objectif est de s’assurer que le médicament soit délivré au bon patient, au bon moment et selon le bon schéma thérapeutique.

Aujourd’hui, nous sommes face à un défi majeur : de nombreuses innovations thérapeutiques sont développées mais le temps d’accès au marché d’un nouveau médicament n’a jamais été aussi long. Permettre aux patients de bénéficier le plus tôt possible des dernières innovations thérapeutiques est un véritable enjeu pour les années à venir.

Outre le développement de médicaments, l’industrie pharmaceutique mène de nombreuses autres actions au bénéfice des patients. Développement d’outils d’information, campagnes de dépistage… ce ne sont que quelques exemples. De votre point de vue, quels sont les chantiers prioritaires pour la santé de demain ?

CBP : Les traitements thérapeutiques ne constituent qu’une composante du parcours de soins des patients, en particulier dans un contexte d’augmentation des maladies chroniques. Il faut pouvoir accompagner les patients tout au long de leur parcours de soins. Je pense par exemple à la sensibilisation aux soins oncologiques de support pour les personnes atteintes d’un cancer.  

Il faut aussi permettre au patient d’être véritablement acteur de sa santé. Pour cela, l’information est clé. De nombreuses initiatives sont prises sur le sujet par les laboratoires pharmaceutiques. Pour ma part, je suis convaincue de l’importance de co-créer des outils d’information avec les médecins et les associations de patients.

Carnet de santé numérique, télémédecine, applications mobiles, les outils numériques prennent de plus en plus de place. Selon vous, quelles sont les perspectives de l’e-santé et les défis à relever ?

CBP : Les nouvelles technologies sont des atouts indéniables pour la santé. Le numérique est notamment en train de révolutionner la relation médecin-patient et le suivi des maladies chroniques. 

En revanche, il est vrai que la digitalisation de la santé impose de relever des défis majeurs. Tout d’abord, celui de la formation : tous les soignants et les patients doivent pouvoir utiliser ces outils. Sinon, nous risquons de creuser les inégalités d’accès à la santé. 

Ensuite, la digitalisation de la santé ne doit pas dénaturer la relation médecin-patient. La dimension humaine de la prise en charge est capitale et doit être préservée.

Enfin, j’aimerais ajouter un enjeu qui est parfois négligé : il est indispensable d’évaluer les bénéfices réels de toutes les innovations, notamment pour le patient ! 

En conclusion, évoquons les perspectives de la stratégie « Ma Santé 2022 » annoncée par le gouvernement en septembre dernier dont l’objectif est de transformer en profondeur le système de santé français. Selon vous, quels sont les défis majeurs que doit relever notre système de santé ?

CBP : Le système de santé français est classé parmi les plus performants. Il a des atouts non négligeables mais doit aujourd’hui pouvoir se transformer pour faire face à de nouveaux défis tels que le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques.

Il est essentiel de fluidifier le parcours de soins des patients, ce qui passe notamment par une meilleure coordination entre les soins de ville et la prise en charge hospitalière. D’une manière générale, il faut mettre la qualité au cœur du système de santé. 

Interview réalisée le 26 février 2019.

FR-C-NPS-0319-073517-MARS-2019